En France, 35 % des décès liés à la chaleur peuvent être attribués au changement climatique

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L’impact de la chaleur varie considérablement selon les zones géographiques. Shutterstock / Elenamiv

Publiée fin mai 2021 dans la revue Nature Climate Change, notre étude met en évidence – et cela pour la première fois – des preuves claires que le changement climatique affecte déjà la santé humaine.

Entre 1991 et 2018, il a ainsi été responsable d’un décès sur trois lié à la chaleur.

Rappelons que le 5ᵉ rapport d’évaluation du GIEC, publié en 2014, a établi que les émissions anthropiques de gaz à effet de serre représentaient la cause principale du réchauffement de la planète.

Rappelons aussi que dans les scénarios à fortes émissions, dans lesquels aucune stratégie d’atténuation n’est mise en place, l’augmentation de la température moyenne en surface pourrait être comprise entre 2,6 °C et 4,8 °C d’ici à la fin du siècle.

Bilan rétrospectif

Si des études antérieures indiquaient une augmentation nette de la surmortalité – comprise entre 3 % et 12,7 % – liée à la température dans des scénarios à fortes émissions, aucune étude n’avait jusqu’à présent évalué si et dans quelle mesure cet impact s’était déjà produit au cours des dernières décennies.

Nos travaux – coordonnés par des chercheurs de l’Université de Berne et de la London School of Hygiene and Tropical Medicine – ont été réalisés dans le cadre du réseau de recherche collaborative du MCC, le plus grand actuellement dans le domaine de la recherche sur la santé, le climat et la pollution environnementale.

Notre objectif était de quantifier la contribution réelle du changement climatique d’origine humaine à l’augmentation du risque de mortalité liée à la chaleur dans 732 villes de 43 pays du monde.

Pour ce faire, nous avons utilisé les méthodes statistiques les plus avancées actuellement disponibles en épidémiologie du changement climatique.

Vulnérabilité des villes à la chaleur

Nous avons tout d’abord analysé les séries chronologiques de la température et de la mortalité quotidienne afin d’estimer le niveau de vulnérabilité à la chaleur pour chaque ville.

À Paris, par exemple, le risque de mortalité double pour une température de 3 °C supplémentaires par rapport à une température de confort de 22,5 °C, pour laquelle le risque est minime.

Ensuite, nous avons utilisé les dernières simulations de température disponibles (dans le cadre du projet d’intercomparaison des modèles de détection et d’attribution (DAMIP-CMIP6) pour deux scénarios climatiques :

  • Avec le réchauffement climatique, qui correspond aux conditions actuelles (forçages naturels et anthropiques).

  • Sans réchauffement, dans lequel l’influence de l’activité humaine a été supprimée (forçages naturels).

Enfin, nous avons quantifié la mortalité attribuable à la chaleur pendant la saison chaude pour ces deux scénarios, en utilisant la courbe exposition-réponse et la série de températures pour chaque ville.

La mortalité due à la chaleur et attribuable au changement climatique anthropique a été calculée comme la différence entre la mortalité estimée dans les deux scénarios.

Les régions les plus touchées

Nos résultats montrent que 37 % des décès liés à la chaleur sont dus au changement climatique d’origine humaine. Soulignons que l’impact varie considérablement selon les zones géographiques.

Les plus touchées, avec une proportion de mortalité liée à la chaleur due au changement climatique supérieure à 70 %, se situent dans les pays d’Amérique centrale et du Sud (l’Équateur avec 76,6 %, la Colombie avec 76 %, le Guatemala avec 75,4 %) et celles supérieures à 60 % en Asie du Sud-Est et de l’Ouest (le Koweït 67,7 %, l’Iran 63,1 %, les Philippines 61,2 %).

En outre, les populations vivant dans des pays à revenus faibles ou intermédiaires, et qui ne sont responsables que d’une maigre part des émissions anthropiques passées, sont les plus touchées.

En France, 35,2 % de tous les décès liés à la chaleur peuvent être attribués au changement climatique d’origine humaine. À partir des résultats de l’étude, nous avons calculé a posteriori que 215 décès surviennent chaque année dans 18 villes françaises pendant la période estivale (juin à septembre). Parmi ceux-ci, on compte 110 décès par an à Paris, 24 à Marseille, 18 à Lyon et 12 à Nice.

Prendre des mesures urgentes et s’adapter

Ces résultats montrent clairement qu’il est urgent de mettre en œuvre des stratégies d’atténuation et d’adaptation plus ambitieuses et plus efficaces afin de minimiser au plus vite les effets du changement climatique sur la santé.

Les actions doivent être principalement axées sur les grandes villes qui, en raison de leurs caractéristiques en matière d’inégalité et d’effet d’îlot de chaleur, nécessitent une restructuration urgente.

Par exemple, des mesures concernant l’aménagement urbain ou la réduction du trafic, la création d’espaces verts et l’installation de fontaines, ou encore l’utilisation de chaussées et de bâtiments efficaces au niveau thermique, pourraient contribuer à réduire considérablement les effets des températures élevées.

Des études antérieures avaient déjà décrit que le changement climatique était très susceptible d’entraîner des effets dévastateurs à l’avenir. Les résultats de nos derniers travaux montrent que nous subissons déjà les conséquences du réchauffement terrestre.

Jusqu’à présent, la température moyenne de la planète a augmenté d’environ 1 °C, ce qui ne représente qu’une fraction de ce qui nous attend si les émissions continuent d’augmenter sans contrôle. La proportion de décès liés à la chaleur continuera donc à augmenter si nous ne prenons pas de mesures urgentes pour lutter contre le changement climatique ou si nous ne nous adaptons pas de manière adéquate.

Este artículo fue publicado originalmente en The Conversation. Lea el original.

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